L'Avènement de Pandaemonium

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    Eddy
    Maître des clés

    « L’Avènement de Pandaemonium »

    Récit de la naissance des Anges Déchus du Conseil de Pandaemonium et des Semi-Démons, par Mornaeth Drakefall, Archimage d’Alghanon, Chasseresse des Démons Déchue et Mère des Semi-Démons

     
     

      I – Nouveaux Horizons

    Lorsque les Newlands furent sécurisées, mes compagnons et moi, qui nous étions rassemblés pour accomplir la prophétie de Gorvak, avons pris des routes très différentes.

    Svelenas et Lucyphel furent acclamés comme premiers souverains des Newlands. L’un avait trouvé un début de remède pour arrêter l’épidémie des goules, l’autre protégeait et aidait son peuple au quotidien.
    Leoryn quant à elle prit la route et ne donna plus de nouvelles, à la recherche de son amant Kairan.
    Gorvak, lui, resta aux côtés de Svelenas et Lucyphel, et entra dans un profond sommeil, veillant avec Majin sur le Temple Oublié et ses réfugiés.

    Moi, en ce qui me concerne… Je pris la route de mon destin. Feldrim à mes côtés, je pris la route des côtes de l’ouest, en prenant soin de ne pas croiser le moindre Chasseur de Démons. Nul doute qu’Orphéa aurait tout mis en oeuvre pour me suivre si elle savait quels étaient mes objectifs à ce moment. Mais je ne pouvais pas risquer sa vie, pas plus que je ne pouvais approcher le repaire même de la personne qui souhaitait le plus me voir morte: Harold Altermeyer, le Haut-Commandeur des Chasseurs de Démons.
    Ainsi, je trouvai une barque de fortune, et c’est désespérément convaincue qu’une force supérieure me guiderait vers ma destination que je pris la mer, avec pour seuls éléments de survie un peu de viande séchée, une gourde d’eau et le Coeur de Golem dans lequel était scellée l’âme de Feldrim, mon amant.

    Le jour où nous nous étions rencontrés dans les tréfonds de Khâzbar, alors qu’il était encore accompagné d’Eradeos, j’étais bien loin de penser que j’allais tomber à ce point amoureuse de lui. Je pense que l’amour est quelque chose que je ne pouvais pas m’attendre à ressentir… Ces temps étaient différents, j’étais pleine d’autres réflexions et d’autres attentes. Et pourtant. Il était tout ce qu’un nain commun n’était pas. Raffiné, bel homme, soucieux, généreux. J’aurais dû m’attendre à ce que sa bonté d’âme le pousse à faire le sacrifice ultime pour un nain. Il sacrifia héroïquement son âme et devint un Golem, qui protégea les siens du terrible Dragon qui sommeillait dans les abysses de Kharaz-Modan. Hélas, le golem fût détruit, et le coeur fût récupéré au cours de la bataille par des goules.
    Et c’est en les chassant que je retrouvai Feldrim. Son sacrifice me brisa le coeur, mais nous nous étions promis qu’un jour, nous connaîtrions chacun une dernière étreinte.

      II – Retrouvailles et adieux prédestinés

    Il était alors à mes côtés, dans cette barque, en direction de l’enfer. Je devai retrouver Lagertha, rien de moins que la plus grande Valkyrie d’Orvenui, et accessoirement la femme de Roghan. Une femme remarquable, qui m’avait sauvé de la folie en emportant avec elle plusieurs mois auparavant une moitié de la terrible puissance du Démon Primordial qui m’habitait: Eogarth. Elle m’avait fait promettre de retrouver sa trace le jour où je serai parvenue à entrer en symbiose avec la première moitié que j’avais gardée en moi.

    Et ce jour était arrivé. Feldrim et moi prîmes la route de l’Île de la Rédemption, comme nous l’avions nommée. Une île mystérieuse où Lagertha m’avait donné rendez-vous, loin à l’ouest de toute civilisation du continent d’Alghanon, d’Orvenui et des Newlands.
    La tempête nous frappa, et comme je m’y attendais j’étais prédestinée à atteindre cette île. A mon réveil, j’étais sur ses plages, sur une île dépourvue de faune, et où l’herbe semblait n’être que cendres et les arbres que des vestiges d’un temps où l’île était autrefois luxouriante de jungles et de plaines.

    Alors je la rencontrai. Lagertha. Elle siégeait sur un trône d’obsidienne, incrusté dans la plus haute montagne centrale. Elle était comme… Endormie. Mais malgré son sommeil, la puissance qui émanait de son si petit corps me laissait suggérer ce qui avait pu se passer. Chacune des vagues d’énergie qu’elle dégageait brisait l’équilibre et absorbait la vitalité de ce qui l’entourait. Je compris donc la raison de la désertion qui s’étendait sous mes yeux. Eogarth le Sombre s’était complètement emparé de son corps. La Valkyrie n’était déjà plus depuis fort longtemps, et il attendait patiemment mon arrivée pour récupérer la totalité de sa puissance. Mais Eogarth l’Écarlate, au siège de mon esprit, me redonna confiance. Alors qu’Eogarth le Sombre était seul, guidé par la haine et complètement fou, Eogarth l’Écarlate brillait de mille feux, avec en sa possession la puissance d’une Archimage accomplie, guidée par sa foi en un avenir meilleur, et son espoir de coexistence avec une entité fondamentale du Mal.

      III – La Dernière Danse

    Un combat titanesque s’engagea alors, entre Lagertha et moi, mais surtout entre Eogarth l’Écarlate et Eogarth le Sombre. L’île subit de lourds dommages, et je ne citerai pas ici les évènements de cette bataille qui déchira les cieux, brisa la terre, et scinda la mer.
    Notre dernière attaque décisive fût une opposition de puissance pure. Certes le combat avait été rude, mais malgré nos blessures, ni Eogarth l’Écarlate, ni moi n’avions pensé à l’échec. La puissance que nous avons alors été à même de déployer était, je pense, semblable à celle de dix Dragons de l’Origine. A la fin, il ne restait presque plus rien de l’île.
    Lagertha vaincue, je souhaitais la remercier pour son sacrifice et toute l’aide qu’elle m’avait apportée. Après tout, je lui devais non seulement ma vie, mais aussi la femme assurée que j’étais devenue, avec mes convictions et mes prétentions pour un monde meilleur. Et donc, j’utilisa ce qui restait du pouvoir d’Eogarth l’Écarlate pour capturer son esprit dans un Cristal d’Âme. J’avais de nombreux projets pour elle.

    Un énorme cratère s’était formée au centre d’île, et l’eau s’y engouffra comme pour symboliser le vide que j’avais en moi à nouveau empli. Eogarth était reformé, et la joie d’Eogarth le Sombre de ne plus être seul prit le pas sur son désir de destruction. Bien que le Démon Primordial qui m’accompagne manifeste encore de temps à autres les peurs d’Eogarth le Sombre, je sens bien que je ne suis plus l’hôte d’un démon. Nous sommes une seule personne. Nous sommes la preuve vivante de ma théorie: Mortels et Démons ont la possibilité de coexister. C’est une vérité.
    Alors, je récupérai Feldrim, que j’avais laissé en sécurité sur la plage, loin du combat. Et je mis notre plan à exécution. Nous en avions discuté depuis fort longtemps. Et j’avais maintenant la puissance qui m’était nécessaire pour le réaliser.

    Je me rendis sur le trône d’obsidienne, et je débutai le rituel d’extraction de l’esprit de Feldrim. J’étais consciente que cela causerait son départ vers Sanctum… Mais. Nous avions un objectif. Un moyen de symboliser notre amour, et de laisser une trace de notre amour sur Nyrheim.
    Je parvins à donner forme physique à Feldrim une dernière fois. Ensemble, nous partageâmes une dernière danse, une dernière étreinte, un dernier baiser. Ce fût la plus belle nuit de ma vie.
    Nous fîmes nos adieux. Il partit vers Sanctum, me promettant de préparer mon siège au Royaume de Lumière. Feldrim laissa derrière lui ce qu’il pouvait léguer de plus beau au monde: Son premier enfant. La race des semi-démons était née.

      IV – La Naissance d’un Peuple

    Le Coeur de Golem, réceptacle de l’âme de Feldrim, devint alors un incubateur, un symbole de notre amour, que les Démons pouvaient utiliser pour se créer un corps physique grâce au lien qui nous unissait Feldrim et moi. Ceux qui venaient à nous avaient alors une nouvelle possibilité: Ils pouvaient faire le premier pas vers la coexistence, la paix et l’harmonie entre leur peuple et les autres races mortelles du monde.
    Si de nombreux démons voyaient ceux qui répondaient à notre appel comme de faibles traîtres, comme j’avais été vu auparavant par l’Ordre des Chasseurs de Démons. Ceux qui sacrifiaient leur appartenance à leur nature fondamentale connaissaient, comme moi, Eogarth et Feldrim, une ascension au-dessus des démons et des mortels. Ceux qui allaient pacifier le monde. Ceux qui allaient créer un nouvel ordre d’existence. Les élus qui s’apprêtaient à modifier la création, qui qu’en soit à l’origine. Ils rejoindraient ceux qui défient le destin, les dieux et le cosmos tout entier.

    Quelques mois défilèrent, alors que de plus en plus de démons gagnèrent l’Île de la Rédemption. Finalement, de nombreux démons avaient aussi remis en question l’ordre naturel de leur nature destructrice et de notre nature conquérante à nous autres mortels. Nombre d’entre eux se posaient la question de notre coexistence et de ce que pourrait créer l’harmonie entre nos deux visions de Nyrheim. Avec leur aide, nous entreprîmes la construction de notre rêve, le refuge de ceux qui souhaitaient défier leur nature. Avec mes Sept premiers enfants, nous érigeâmes Pandaemonium, petit à petit. Je fis usage de mes pouvoirs pour redonner vie à ces terres dépourvues de tout. Ainsi, ces terres alors gorgées de mana ressemblaient de plus en plus à Dal’Hagar. Arbres bleus, rivières translucides, nature mouvante… Pendant que mes enfants travaillaient à créer une immense cité châtelaine.

      V – Le Conseil de Pandaemonium

    De nombreuses semaines passées à former notre foyer, Pandaemonium était maintenant une fière cité où chacun pouvait s’épanouir en sécurité. Nous étions encore dans le secret du monde, et nos défenses ne nécessitaient pas d’être exceptionnelles. Le temps était venu pour moi de confier le destin de cette nouvelle race dont j’étais la mère entre les mains de mes enfants.
    J’invitai mes Sept premiers enfants, dont chacun avait réussi à presque annihiler un élément de leur nature originelle. C’est ainsi que je décidai de créer le Conseil de Pandemonium:

    – Leyfan, l’Archidémonne de l’Humilité, qui a banni l’Orgueil de sa vie.
    – Faeros, l’Archidémon de la Générosité, qui a banni l’Avarice de sa vie.
    – Phyrean, l’Archidémonne de la Modération, qui a banni la Gourmandise de sa vie.
    – Synerius, l’Archidémon de la Fidélité, qui a banni la Luxure de sa vie.
    – Arydonar, l’Archidémon de la Réjouissance, qui a banni l’Envie de sa vie.
    – Monara, l’Archidémonne de la Joie, qui a banni la Colère de sa vie.
    – Tara, l’Archidémonne de la Volonté, qui a banni la Paresse de sa vie.

    Gardiens des pêchés de leurs frères et sœurs, chacun incarnait un exemple auprès des leurs. J’espérai ainsi montrer au monde que rien n’est immuable, et que même les démons méritent le pardon et doivent avoir une chance de changer le monde et de lui apporter Lumière.
    Après quelques semaines, je réalise avec fierté que mes enfants sont autonomes. J’abandonne officiellement mon titre de Chasseresse de Démons Oubliée pour celui de Mère des Semi-Démons. J’ai créé un peuple fier, prêt à découvrir Nyrheim et à prouver au monde qu’être un démon ne signifie pas apporter plus de destruction qu’un humain ou qu’un elfe.

    Depuis, je place en tous mes enfants une confiance aveugle. Et en preuve de cette confiance, j’ai décidé, il y a quelques jours, de mettre entre les mains des Sept Archidémons mes pouvoirs d’Archimage. Ils seront ainsi à même de protéger les leurs contre toutes les menaces à venir. Cette puissance s’est manifestée par leur capacité à se faire pousser des ailes magiques d’un noir fumerolle. Ils sont devenus les Anges Déchus du Conseil de Pandaemonium, Premiers Nés de Mornaeth Drakefall, l’Archimage qui a participé à la Prophétie de Majin et écarté une première fois l’Apocalypse, mais qui entend bien apporter au monde une nouvelle ère de paix, de prospérité et d’harmonie.

    Moi? Je resterai à leurs côtés comme une mère, à les conseiller et les protéger. Ils n’ont plus besoin d’un gardien pour les couver, ils ont besoin d’un exemple à suivre; un des leurs. Le temps est venu pour moi d’admirer ma création, et d’observer son évolution.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 4 années et 7 mois par Eddy.
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