La Litanie des Enfants de Pierre

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    Eddy
    Maître des clés

    La Litanie des Enfants de la Pierre
    Par le Collège des Historiens

     

    Préface - Le Chant du Façonnage

     

    Verset I – La Naissance des Fondateurs

    « Notre histoire commence au réveil de la Pierre. A cette époque, le Grand Dragon façonne nos grottes et nos cavernes.
    Ainsi fût sculptée par le Souffle du Grand Dragon le premier nain à même la Pierre.
    Notre Père Fondateur, Gromrik.
    Le Grand Dragon donne à Gromrik le Feu Primordial, pour l’aider à découvrir son territoire et lui permettre de l’explorer.
    Gardien des Profondeurs, notre Père préserve et veille sur les entrailles de la Pierre, suppléant le Grand Dragon lui-même. Malgré ses efforts inconditionnels, il ne parvient pas à cacher son sentiment de solitude. Le Grand Dragon lui-même reconnaît les efforts de notre Père, et il lui concède une création pour l’accompagner.
    Ainsi fût sculptée par le Souffle du Grand Dragon la première naine à même la Pierre.
    Notre Mère Fondatrice, Anmerua.

    Verset II – Le Grand Façonnage

    Notre Père et notre Mère façonnent à leur tour les Haut-Nains, les premiers nains qui ne sont pas d’origine divine, et ancêtres des plus grandes lignées de notre espèce. Ce sont les Haut-Nains qui seront les bras et les ouvriers qui, sous la bienveillance et le conseil de Gromrik et Anmerua, tailleront Kharaz’Modan, le Premier Royaume Nain.
    Pendant de longs siècles, nos ancêtres font de Kharaz’Modan un immense royaume souterrain parsemé de galeries et de cavernes naturelles. Mais ces mêmes ancêtres creusent également de nouveaux lieux, sanctuaires des Haut-Nains, nommés « Thaigs ». Ces lieux consacrés à la gloire des premiers nains, fils et filles du Père et de la Mère, sont réputés pour abriter toutes les plus grandes fortunes et les minéraux les plus rares, offrandes des descendants à leurs parents. »
    – Le Chant du Façonnage
    Récit traditionnel transmis oralement de génération en génération.

     

    L'Âge de Fer

     

    Verset I – Les Enfants de la Pierre: Les Nains

    C’est à cette époque que nos ancêtres développèrent leurs compétences dans les divers domaines artistiques et scientifiques qui font l’excellence du peuple nain actuel.
    Ainsi fût distillée le premier tonneau de Ruvalk, l’eau de vie originelle à partir de l’eau de source la plus pure de nos rivières et de la Fleur de Rhyn.
    Ainsi fût façonnée la Grande Enclume, berceau des premières forges.
    Nos ancêtres n’avaient pas encore accès à la surface, aussi leur seul référentiel temporel était le temps de fermentation des alcools et les marées des lacs souterrains.
    Gromrik et Anmerua, alors adulés par les Hauts-Nains, furent proclamés Roi et Reine du Premier Royaume Nain de Kharaz’Modan. On dit que les offrandes de leurs sujets forcèrent les ouvriers à leur construire un trône qui touchait presque la Cime des Profondeurs.

    Verset II – La Forge de Dron’Rikkaz, Le Marteau des Rois

    Mais de toutes les offrandes, une seule est devenue légende. Dans l’ombre de la grandeur des Fondateurs, le Haut-Nain Marthor Duraz’Lok forgea une offrande à Gromrik qui devint la relique royale, arme du roi légitime de tous les nains.
    Ainsi fut créé Dron’Rikkaz, le Marteau des Rois.

    Verset III – La Création de la Ligue des Explorateurs

    L’ambition s’empara alors de Père. Supporté par Mère, et acclamé par ses pairs, une initiative répondit au souhait des nains de l’Âge de Fer d’explorer toutes les grottes que le Grand Dragon nous avait offertes, afin d’étendre le Premier Royaume.
    Ainsi fut créée la Ligue des Explorateurs, constituée des Nains les plus téméraires et dirigés par le jeune Thorgrim Dorgrundr, fils du Haut-Nain Olafr Dorgrundr.

    Verset IV – La Création de l’Ordre des Oracles du Marteau

    Certains élus parmi les Enfants de la Pierre se virent prêter une portion du pouvoir divin de Père et Mère, afin de leur permettre de communiquer avec eux à travers l’espace et le temps, dans le but de les protéger eux, et tout le peuple de la meilleure façon qui soit.
    Ainsi fut créé l’Ordre des Oracles du Marteau, nains de toutes castes élus par les Fondateurs en personne pour leur sensibilité à leur enseignement de nature divine.
    Rompus à l’art du Combat et capables de dompter l’Éther, les légendes parlent d’eux, à l’heure de l’écriture de ce texte, comme des semi-dieux presque immortels capables de maîtriser des marteaux lumineux par la pensée, ce qui les porta dès lors à l’égal des Haut-Nains dans les castes sociales.

    Verset V – Le Façonnage de Kaldum

    La Ligue des Explorateurs, de son côté, parvint à atteindre des profondeurs insondables à plusieurs cycles de marées de la Cité-Mère, alors qu’ils découvrirent une immense galerie. À cet endroit, Thorgrim décida d’établir l’Avant-Poste de Kaldum.
    Nombre de nains partirent à la conquête des galeries de Kaldum, chacun pour des raisons qui leur étaient propres, que ce fut la soif d’aventure, la récolte de ressources d’autres galeries, ou encore l’accomplissement personnel.
    De nombreux siècles de prospérité connurent les Fondateurs, Kharaz-Modan et leur colonie, Kaldum. Mais hélas, le Grand Dragon n’est clément qu’avec ceux qui défient leur destin. Il méprise ceux qui se complaisent dans la facilité et ne se confrontent pas au vrai danger.

     

    L'Âge d'Obsidienne

     

    Verset I – La Guerre du Déclin

    Dans les entrailles de la terre, certaines expéditions de la Ligue des Explorateurs dérangeaient l’équilibre des profondeurs et réveillèrent un sombre prédateur qui était plongé dans un sommeil millénaire, tout à fait différent des autres espèces hostiles des souterrains.
    Des insectes horripilants qui faisaient preuve d’une capacité d’adaptation et d’évolution hors du commun pour rester en haut de la chaîne alimentaire souterraine et demeurer le prédateur incontestable des ténèbres. Les quelques nains qui leur faisaient face dont on retrouva les notes font état d’un nom traduit de la langue naine qui deviendrait synonyme de terreur: Ils sont depuis lors appelés les « Dharkuzgal ».

    Verset II – L’Isolement Originel des Royaumes

    Cette rencontre causa la perte de nombreux membres de la Ligue des Explorateurs, et au fil des années, la menace que représentait cette espèce finit par complètement avoir raison des liens entre Kharaz’Modan, les Fondateurs, et leur colonie, Kaldum. Les deux royaumes finirent complètement isolés l’un de l’autre et les Fondateurs préssentirent la véritable forme du mal qui se réveillait.
    Les Dharkuzgal se firent de plus en plus envahissants, jusqu’à totalement condamner les nains dans leurs cités respectives. Les Dharkuzgal étaient alors aux portes de Kharaz’Modan et Kaldum.

    Verset III – Le Don des Fondateurs: Le Rite du Retour à la Pierre

    Privés de la puissance des Fondateurs, seuls quelques Oracles du Marteau Kaldumr parvenaient encore à partager leur sagesse avec la majeure partie de l’ordre installée à Kharaz’Modan. Incapables d’intervenir aussi loin, Anmerua donna à Thorgrim le secret du Rite du Retour à la Pierre.
    Ainsi naquit le premier Golem, Thorgrim Dorgrundr.

    Verset IV – La Guerre des Descendants

    Cette puissance permit à la Ligue de contenir efficacement les Dharkuzgal hors de Kaldum, mais réduisit aussi considérablement le nombre des colons: En effet, le Retour à la Pierre consiste en le sacrifice du corps d’un nain pour que son âme anime un amas de pierre. Privé de son humanité, il n’a plus besoin de dormir ou manger et n’est plus soumis à la souffrance et la vieillesse, mais ne peut ainsi plus connaître ni le plaisir de la chair ou avoir de descendance.
    De plus, leur immortalité les force à assister à la mort de certains de leurs proches, et dans de tels cas, les âmes qui animent ces Golems perdent petit à petit leur volonté, faisant progressivement d’eux des soldats mélancoliques sans âme ni passion, dont l’ardeur au combat devient lentement plus qu’une attente de leur mort inéluctable possible que d’une seule et unique façon: Le bris de leur Coeur de Manacore.

    Verset V – Le Choc des Titans

    De leur côté, les habitants de Kharaz’Modan profitaient de la pleine puissance combinée des Fondateurs et des Oracles, qui dessinaient de puissantes runes et dressaient de puissants boucliers sur les portes protégeant la cité. Pendant plusieurs années, les assauts répétés furent contenus sans aucune difficulté, mais les Fondateurs ne cessaient de redouter l’appel du chaos: L’heure de l’avènement des Dharkuzgal était proche.
    Une nuit, un grondement sinistre fit trembler le sol et menaça de faire s’effondrer toute la cité souterraine.
    Ainsi sortit de son sommeil celle qu’Ils nommèrent Varrhangron.
    Père somma les nôtres de rejoindre au plus vite la Salle du Trône, où ils scellèrent nos ancêtres derrière des éboulements de roche et de pierre. Ce n’est qu’à travers les chants des Oracles que les nôtres entendirent les exploits héroïques qui opposèrent Gromrik le Père Fondateur et Anmerua la Mère Fondatrice à Varrhangron, la Reine des Dharkuzgal.
    Dans une bataille épique et d’une puissance sans limite, les murs de Kharaz’Modan tremblaient sous les coups qu’ils s’infligeaient. Les nôtres ne pouvaient que prier pour la victoire des Fondateurs. Hélas, le Grand Dragon en décida autrement.
    Notre Père leva Dron’Rikkaz, le Marteau des Rois, de sa poigne de fer.
    Anmerua l’accompagna, et prit le Marteau des Rois, de sa main rédemptrice.
    Ensemble, ils en appelèrent à la puissance du Grand Dragon, et l’Éther jaillit de Dron’Rikkaz alors que tous deux prirent une forme de lumière pure. Ensemble, ils invoquèrent Bryn, le Marteau des Fondateurs, et ensemble, ils firent s’abattre sur Varrhangron le Courroux de Bryn pour avoir osé menacer leurs créations, nous autres, les Enfants de la Pierre.
    Dans un tonnerre et une secousse terribles, une grande partie de Kharaz’Modan s’effondra.
    Ainsi se sacrifia Gromrik, notre Père Fondateur.
    Ainsi se sacrifia Anmerua, notre Mère Fondatrice.
    Quand les nôtres ouvrirent les yeux à nouveau, il ne restait guère plus que quelques édifices de notre peuple encore debouts. Mais ils étaient vivants. Les cris de Varrhangron et de ses Dharkuzgal avaient cessé… Et ils ne ressentaient plus la présence des Fondateurs. Les Oracles expliquèrent qu’ils avaient sacrifié leur forme physique pour atteindre l’Illumination. Ainsi, ils veilleraient sur les nôtres éternellement, mais jamais plus ne pourraient-ils nous parler ou nous toucher qu’à travers la Pierre.

     

    L'Âge de Bronze

     

    Verset I – La Renaissance

    Cette époque se caractérisa par la paix et la reconstruction des deux cités-états de Kaldum et Kharaz’Modan. Privée des Fondateurs, cette-dernière vit l’Ordre des Oracles devenir le nouveau pouvoir souverain provisoirement, le temps qu’une décision fut prise quant à son nouveau roi. L’Ordre donna priorité à la reconstruction de la cité et principalement aux édifices à la gloire des Fondateurs, car s’ils n’étaient plus de ce monde, leurs statues et leurs autels permettent encore aux Oracles de faire appel à des fragments de leur sagesse en de rares et précises circonstances.
    C’est également à cette période que l’Ordre décrète que le choix des Oracles se poursuit dans la lignée des élus par les Fondateurs, afin d’en l’absence de ces-derniers, garantir l’avenir de l’institution.
    À la tête de Kaldum se trouvait toujours l’héritier de la lignée des Haut-Nains Dorgrundr, Premier Golem, Héros de l’Âge d’Obsidienne, Thorgrim Dorgrundr. C’est à cette époque, alors que de nombreuses lignées l’avaient rejoint et que Kaldum n’était plus un avant-poste de la Ligue des Explorateurs mais un véritable royaume indépendant, que Thorgrim fut officiellement couronné Roi de Kaldum.
    Contraint par le devoir, il quitta la Ligue des Explorateurs et désigna comme successeur Narnis Ironwill, une des naines à qui la première expédition de Thorgrim devait son succès plusieurs fois déjà. Et comme si Narnis n’en avait pas assez vu, le lendemain même de sa prise de poste, elle annonça l’organisation d’une nouvelle expédition en direction des galeries de l’ouest.
    Il s’agirait de la plus longue des expéditions naines. Sa durée se compta en années, lorsqu’enfin Narnis estima avoir atteint la fin du voyage.
    Ainsi fut façonnée la cité de Khâzdun.
    Toujours assoiffée d’exploration et d’aventure, elle désigna Kazagrin Duraz’Lok, fils du Haut-Nain Marthor Duraz’Lok, Forgeron de Dron’Rikkaz le Marteau des Rois, comme intendant du nouvel avant-poste, suite à ses faits d’armes tactiques dans la Guerre du Déclin face aux Dharkuzgal. En effet, le jeune Kazagrin était alors reconnu pour ses talents de stratège.

    Verset II – L’Arrivée des Undi: Kharaz’Modan

    A cette même époque des mineurs de Kharaz’Modan établirent les premiers contacts avec les êtres éthéréens, les « Undi ». Semblables à des humanoïdes dans la même forme que les Fondateurs au moment de l’Invocation de Bryn mais d’un noir sombre et profond, de nombreux Kharaz’Modanr virent en eux des manifestations des Fondateurs eux-même, et se mirent à vénérer les « Ombres des Fondateurs ».
    Malgré tout, les Undi n’ont eu de cesse de refuser la reconnaissance qu’il leur était donnée, et tentèrent de maintes fois d’expliquer en vain aux adorateurs au travers de grands rassemblements leur véritable nature de « Sentinelles ». Envoyés par une certaine « Xulthora », leur rôle était de conserver l’équilibre entre les espèces et les races des profondeurs.
    Les Kharaz’Modanr perfectionnèrent encore davantage à cette époque leur maîtrise des arts qu’ils avaient déjà acquis: Forge, Runes, Maçonnerie, Sculpture, Musique et Brassage étaient les compétences identitaires de tout nain habitant les halls de Kharaz’Modan.

    Verset III – L’Arrivée des Undi: Kaldum

    Quelques mois plus tard, les Sentinelles rencontrèrent les Kaldumr à leur tour. Dès le premier rapport de leur rencontre avec ces nouveaux êtres ténébreux, Thorgrim ordonna à toute la cité de se mettre en état d’urgence.
    Il refusa catégoriquement la présence des Sentinelles dans sa cité, la jugeant comme une malédiction: Selon lui, si Gromrik et Anmerua ne s’étaient pas vraiment éteints, une entité comme Varrhangron avait probablement également subsisté à sa façon. Il considèrait que ces « Sentinelles » pouvaient être des restes de la puissance et de la soif de destruction de Varrhangron, et forma ainsi les « Fils de Bryn », une guilde d’Oracles du Marteau d’élite extrémistes, qui vouèrent leur vie à être Chasseurs de Sentinelles (semblables aux Chasseurs de Démons d’Untierwand) et tenir à bonne distance les Undi de la cité et de ses habitants.

    Verset IV – Le Siège de Kaldum

    Cette réaction a sans doute suscité l’attention des Sentinelles, qui se lancèrent dans un long siège de Kaldum, considérant probablement que les Kaldumr perturbaient l’équilibre et étaient une menace pour ce monde à avoir tant de méfiance et être si prompts à prendre les armes. Ce violent siège, qui prit la forme d’une série d’assauts des Sentinelles, causa de nombreuses pertes du côté des Kaldumr, et une fois de plus, c’est la force des Golems de Kaldum qui parvint à garantir leur survie.
    Au milieu d’une guerre d’endurance où les escarmouches se veulent rares et très virulentes, les Kaldumr sont toujours moins nombreux de par le Rite du Retour à la Pierre. Ils n’ont guère le temps de poser les armes pour se consacrer à autre chose que la guerre: Ils connaissent alors des jours difficiles contraints par le rationnement, et l’acharnement aux tâches quotidiennes. Si la cité est suffisament autonome pour se subsister en vivres de par le nombre décroissant d’habitants encore « nains » restants, en revanche, le moral est au plus bas, et de nombreux Golem finissent par perdre la volonté de se battre, voient leur coeur se briser et leur corps se désagréger.
    C’est dans les plus grandes ténèbres que brille la plus grande lumière, et c’est la seule Oracle des Marteaux encore présente à Kaldum, Ulfridda Donesra, qui accompagna Thorgrim comme son bras droit dans chacune des batailles et de ses représentations publiques. Elle fut surnommée « Skauldra », car elle chanta les victoires et les succès passés du peuple Kaldumr, permettant à toute la cité d’espérer de plus beaux lendemains, et surtout, de se battre pour eux.

    Verset V – La Formation de la Légion de Fer

    Sur le conseil de Skauldra, Thorgrim forma alors la « Légion de Fer », rassemblant tous les golems sous la bannière connue comme celle de guerriers d’élite qui ont déjà accompli l’ultime sacrifice pour protéger les leurs. En effet, l’Oracle pensait à raison que mettre en valeur l’armée des golems auprès du peuple permettrait à Thorgrim de conserver ses soldats d’exception et de les préserver du désespoir.
    Skauldra mènera aux côtés de Thorgrim notamment la Bataille du Granite connue pour avoir été la plus glorieuse des escarmouches qui a vallu la réputation légendaire à la Légion de Fer qui y repoussa à elle seule des dizaines de Sentinelles.

    Verset VI – L’Arrivée des Undi: Khâzdun

    Khâzdun n’a connu que peu de contacts avec les Sentinelles, du fait de la guerre qui les opposait alors aux Kaldumr. Seules quelques rares d’entre elles ont rencontré des Khâzdunr, et ces-derniers se révélèrent très diversifiés dans leur accueil.
    Alors que certains avaient établi un lien entre elles et les Fondateurs et les voyaient également comme les « Ombres des Fondateurs », il en était qui se montrèrent très méfiants à leur égard.
    D’autres encore s’étaient montrés neutres face à l’arrivée d’une nouvelle espèce, considérant que pacifiques, ils ne représentaient aucune menace.
    Mais la majorité des Khâzdunr, alors encore membres de la Ligue des Explorateurs, se prirent de curiosité et passèrent beaucoup de temps avec les quelques Sentinelles de passage, curieux de leurs origines et de leurs buts, tout en restant très terre à terre et distants.

    Verset VII – Les Débuts de l’Ingénierie Naine

    Loin de la gourmande reconstruction en ressources et en temps de Kharaz’Modan et du Siège de Kaldum, Khâzdun prospère dans la plus grande liberté et développe les mêmes formes d’arts que la Cité-Mère. Toutefois, de nouveaux rêves germent également dans le coeur des Khâzdunr: Nombre d’entre eux se consacrèrent depuis lors à la science de la mécanique.
    Ainsi, l’Ingénierie devint une nouvelle forme d’art de notre peuple.

    Verset VIII – La Formation du Collège des Historiens

    De nombreuses nouvelles possibilités apparaissent, dans la vie quotidienne comme dans la stratégie et la tactique militaire.
    Narnis et ses Explorateurs les plus expérimentés virent en cette époque le bon moment pour commencer à rédiger l’Histoire de leur peuple, eux qui avaient vu l’évolution du peuple nain à travers leurs trois grands royaumes.
    Ainsi fut formé le Collège des Historiens.
    En se basant sur les Runes données par les Fondateurs, ils constituèrent l’alphabet runique typique et ancestral des nains, dans lesquels ils rédigent leurs premiers récits, de leurs plus lointains souvenirs et du plus ancien folklore à leurs plus récentes expériences.
    Quant aux plus intrépides et téméraires des Explorateurs… Ils sentaient déjà le vent souffler dans la Cime des Profondeurs de Khâzdun… Il existait sans aucun doute un autre monde, au-dessus.
    De nombreuses spéculations eurent lieu, et il était prévu de nombreuses expéditions qui, pour la première fois dans l’histoire de notre peuple, visaient les hauteurs et non plus les profondeurs.

    Verset IX – La Percée de la Cime des Profondeurs

    Quelques décennies vont à nouveau s’écouler, jusqu’au jour où la Ligue des Explorateurs annonce qu’elle a percé la Cime des Profondeurs de Khâzdun et a atteint le Monde du Dessus.
    Certains membres de l’expédition n’étaient pas prêts à voir ce qu’ils ont vu, et se sont évanouis, lorsqu’ils ont découvert une galerie sans plafond, lumineuse et chaleureuse, ainsi que des plantes bien plus grandes que la normale, formant des étendues vertes à perte de vue.
    Ainsi les Enfants de Pierre découvrirent le Ciel.
    De nombreux traditionnalistes virent en cet « exploit » une fin du monde et prirent la route de Kaldum, inconscients du danger qui y sévissait. Kazagrin ordonna peu de temps après la construction de la Porte de la Surface, une immense entrée lourdement protégée par l’artillerie de Velmor Drekkoril, un génie inventeur à l’origine des premières machines ballistiques naines.
    La découverte de la Surface marqua aussi un tournant pour les criminels nains qui avaient maintenant une alternative à une mort dans les Tréfonds face aux Dharkuzgal: L’Éxil à la Surface.
    Kazagrin est partagé face aux troubles dûs à cette nouvelle découverte. Deux grands partis se forment: Les partisans de l’exploration de la Surface en la personne de Narnis et ses explorateurs, et ceux qui craignaient le monde extérieur et le considéraient comme un monde qui ne leur était pas destiné en la personne d’Hilgrun Thagarlok, un noble de la cour de Khâzdun.

    Verset X – Le Décret de la Grande Blocade

    Les réactions en chaîne se multiplient. Des évasions de criminels destinés à la Surface commencent à avoir lieu, dont les rumeurs accusent une sombre guilde secrète, la Main Noire, dont l’objectif est de réduire au silence certains nobles partisans de l’exploration de la surface afin de garder les Tréfonds scellés.
    La Cour Khâzdunr et la Ligue des Explorateurs exigent des actions de la part de leur Roi lorsque des assassinats commencent à avoir lieu dans la cité. Kazagrin prend alors sa décision et annonce le Décret de la Grande Blocade: Nul nain ne serait dorénavant autorisé à quitter les Tréfonds à nouveau. Seuls la garde de la Grande Porte, les ingénieurs de Drekkoril et les bannis auraient encore le droit de passage, et dans un rayon très court, afin de protéger l’unique portail entre les deux mondes et les éventuelles menaces du Monde du Dessus.

    Verset XI – Les Sentiers de Narnis

    Narnis, cruellement déçue par les choix de Kazagrin qui n’a pas eu la clairvoyance d’identifier le véritable danger qu’était Hilgrun Thagarlok, va toutefois agir pour le savoir nain à contre-courant. Désireuse de répondre aux volontés des membres de la Ligue des Explorateurs, elle va en charger certains de trouver d’autres voies vers la Surface, afin que les plus téméraires et ceux qui n’ont rien pour les retenir dans les Tréfonds soient libres de découvrir la Surface et ses mystères.
    Ainsi furent découverts les Sentiers de Narnis, entrées secrètes de Khâzdun.

    Verset XII – Le Carta

    Les années passant, Hilgrun gagne toujours plus d’influence auprès de Kazagrin. Malgré les appels à la prudence de ses amis de longue date, le Roi se laisse petit à petit emporter dans les sombres machinations d’Hilgrun, dont il assiste inconsciemment les manipulations politiques lui donnant toujours plus de pouvoir.
    Pendant de nombreuses décennies, bien que Kazagrin ne soit le Roi, c’est bien Hilgrun qui tire les ficelles. « La Main Noire » prend au fil du temps une autre identité politiquement plus correcte, le Carta: Une guilde de marchands sans scrupules qui cherchent le profit partout. Le Carta prend alors une place significative dans la société Khâzdunr et vient gangréner son économie par le Marché Noir et les nombreux services discutables qu’il propose.
    Narnis travaille d’arrache-pied pour prouver les méfaits d’Hilgrun, ce qui ne manque pas de le contrarier au plus haut point. Cette tension politique entre deux des grandes figures de la Cour Khâzdunr prendra fin lorsque Narnis parviendra à coincer Hilgrun en prouvant qu’il avait commandité une tentative d’assassinat sur Narnis elle-même.
    Ainsi, Kazagrin ouvrit les yeux et ordonna l’Éxil à la Surface d’Hilgrun Thagarlok.
    Ainsi, les décennies de domination du Carta prirent fin.
    Si les membres du Carta sont en grande partie condamnés à l’Exil au même titre qu’Hilgrun, il n’est pas totalement démantelé. Quelques cellules continuent d’oeuvrer dans l’ombre de Khâzdun, dont les autorités ne parviendront pas, même à l’heure de l’écriture de ce texte, à percer les méfaits et les planques de l’organisation criminelle.

    Verset XIII – L’Avant-Poste de Khâzbar

    La découverte de la Surface va créer une vague d’émoi pour les Enfants de la Pierre, et nombre de Kharaz’Modanr vont également à leur tour partir en quête d’un chemin vers le Monde du Dessus. Après plusieurs mois d’exploration, ils finirent par découvrir une galerie menant vers une verte vallée. Tout comme les pionniers de Khâzdun, le poids de la découverte de la première expédition Kharaz’Modanr causera de nombreux maux à ses membres.
    L’Ordre des Oracles, qui peinait déjà à maintenir l’ordre, suivit rapidement le mouvement amorcé par Kazagrin et fit également respecter le Décret de la Grande Blocade. Mais de nombreux Kharaz’Modanr, désireux de trouver un nouvel avenir et considérant le pouvoir politique des Oracles comme illégitime, vont outrepasser la directive et se rassembler dans un petit avant-poste qu’ils mettront en place non loin de la porte vers l’entrée de la Surface: L’Avant-Poste de Khâzbar. Toutefois, nourissant toujours un profond respect pour les Fondateurs et leurs élus les Oracles, ils se contenteront de créer le Portail de Khâzbar, une porte modeste à même la montagne leur permettant d’accueillir voyageurs et curieux de la Surface. S’ils ne sortiraient pas des Tréfonds, ils permettraient en revanche aux surfaciens de les approcher et de venir à eux, du moins, aussi longtemps que le Décret de la Grande Blocade serait en vigueur.
    Dans l’entrée de l’Avant-Poste derrière le Portail, les formations naturelles n’ont laissé que des passerelles escarpées et étroites, que les nains de Khâbar piègèrent afin de protéger efficacement la deuxième entrée des Tréfonds, quitte à condamner cet accès à la Surface.

     

    L'Âge d'Acier

     

    Verset I – L’Appel des Oracles

    Alors que Khâzdun et Kharaz’Modan doivent réagir aux Percées de la Cime des Profondeurs, Thorgrim, Skauldra et les Kaldumr mènent une survie désespérée face au siège des Sentinelles.
    Plusieurs fois par jour, ces dernières tentent de percer les défenses mises en place par le peuple mélancolique du Second Royaume. S’ils tinrent bon après plusieurs décennies, quel futur restait-t-il pour les plus jeunes?
    C’est quand cette question lui fut posée que Skauldra proposa à Thorgrim un plan des plus audacieux.
    Faire appel à l’unité de l’Ordre des Oracles du Marteau, et pour la première fois depuis des siècles, briser la glace entre les royaumes de Kharaz’Modan et Kaldum. Les appeler en aide afin que l’Ordre se réunisse enfin, affronte et repousse avec la puissance des Fondateurs ces envahisseurs.
    Thorgrim avait gagné beaucoup d’orgueil à protéger sa cité seul face à l’adversité. Il savait le Père Fondateur et le Grand Dragon fiers de ses efforts et de ses sacrifices. Il lui coûta de nombreuses nuits de réflexion avant d’ouvrir les yeux et réaliser que les siens courraient à leur perte, sans espoir d’un autre lendemain pour les nains les plus jeunes s’il refusait la proposition de Skauldra. Cela aurait signifié la perte de Kaldum, et de la Légion de Fer aux mains du désespoir.
    Par conséquent, il accepta l’idée de Skauldra. Au travers du temps et de l’espace, elle effectua les rituels nécessaires pour entrer en résonnance avec ses frères et soeurs.
    Elle passa de longues journées à négocier, argumenter et convaincre les siens de la rejoindre dans la bataille pour protéger le peuple nain, avançant qu’il n’y avait ni Kharaz’Modanr, ni Khâzdunr, ni Kaldumr. Il n’y avait que les Enfants de la Pierre, unis, et fiers. Et l’heure était venue pour les Oracles de le rappeler à tous.
    Ainsi le Décret des Oracles fut annoncé aux Khâraz’Modanr et aux Kaldumr.
    Les dix-sept Oracles de ce temps-là qui veillaient sur Khâraz’Modan laissèrent la cité aux mains de quelques nobles pendant qu’ils partirent en croisade vers Kaldum.
    Pendant plusieurs mois, ils avancèrent faisant face aux quelques Dharkuzgal et autres espèces hostiles des profondeurs sur la route du Deuxième Royaume. Lorsqu’ils approchèrent la cité, les grands tunnels de l’entrée étaient envahis par les Sentinelles, et ils n’eurent d’autre choix que d’explorer de nouvelles routes et espérer trouver une entrée dérobée à la cité.

    Verset II – L’Assaut d’Adamante

    Après neuf mois d’attente et de résistance, Thorgrim commença à perdre espoir et à accuser les Oracles de ne pas être dignes de confiance. Skauldra en appella à la raison son Roi, mais ce-dernier, impatient et borné, finit par conclure que Kaldum était et serait toujours seule. Elle ne saurait jamais être aidée de quelque façon que ce soit.
    Ignorant les implorations d’Ulfridda, Thorgrim prépare l’Assaut d’Adamante et rassemble tous les Golems au bord du désespoir pour ce qu’il appelle « la dernière bataille ». Il demande aux plus désespérés de ses légionnaires un dernier acte de bravoure: Charger, percer les lignes, et se sacrifier en libérant toute l’énergie de leur Coeur de Manacore. L’explosion ainsi créée devrait, selon lui, venir à bout d’un nombre conséquent de sentinelles. Les Golems les plus téméraires resteraient en défense pour protéger les nains restants. La stratégie était audacieuse. Mais elle finit par payer.
    Ainsi de Kaldum furent bannies les Sentinelles.
    Lorsque l’Ordre des Oracles trouva enfin une entrée, ils découvrirent avec joie, ou plutôt effroi, que le Roi de Pierre, Thorgrim Dorgrundr était le dernier Golem sur le champ de ce qui avait vraisemblablement été un rude assaut éclair. Skauldra commença à entonner le Chant de Kaldum, auquel elle ajouta ce nouveau verset, L’Assaut d’Adamante.
    Thorgrim, apaisé d’avoir sauvé les siens, invita l’Ordre des Oracles dans ses murs à partager le festin du banquet organisé en l’honneur de la victoire de Kaldum, vantant l’exploit que lui et les siens venaient d’accomplir. C’est au cours de cette soirée qu’il souligna l’incompétence des autres Oracles. Seule Skauldra, à ses yeux, méritait son rang, et pendant tout le reste de la soirée, il tourna en ridicule chaque membre de l’Ordre des Oracles.
    Devant l’accueil froid et la vanité de leur voyage, l’Ordre des Oracles somma Ulfridda Donesra de renoncer à son titre « Skauldra », de réintégrer l’Ordre et les suivre jusqu’à Kharaz’Modan, la Cité-Mère. Cette dernière donna sa réponse presque immédiatement, rendant ses apparats et son marteau à l’Ordre et saisissant une arme forgée par les Kaldumr au hasard, clamant haut et fort ne plus être partisane d’un ordre lâche qui attend la fin de la bataille pour intervenir et préfèrant être une humble mais fière Kaldumr, sujette de l’héroïque Roi de Pierre Thorgrim Dorgrundr.
    Devant l’échec cuisant de leur voyage, les Oracles, dépités de la perte de l’un des leurs, préparèrent leur retour vers la Cité-Mère.
    Il ne restait plus que quelques dizaines de Golems pour quelques centaines de nains. Mais Kaldum était encore debout. Et à partir de ce jour, elle ne laisserait plus jamais les étrangers approcher ses portes. À compter de ce jour, elle renia aussi la puissance des Oracles, les traitant d’imposteurs. Au sein de la société de Kaldum, ils n’auraient plus leur place, et chaque nain ne devrait plus s’illustrer qu’auprès des Fondateurs eux-même, sans espérer de signe ou de réponse de leur part.

    Verset III – L’Orgueil du Roi de Pierre

    Le fils de Haut-Nain, Premier Golem, Héros de l’Âge du Déclin, Roi de Pierre de Kaldum le Deuxième Royaume, Maître des Fils de Bryn, Général de la Légion de Fer, Fléau des Sentinelles et Fer de Lance de l’Assaut d’Adamante, Thorgrim Dorgrundr. La liste de titres ne cessait de s’allonger, et l’homme devint petit à petit la légende qu’il est à l’heure d’aujourd’hui. Il n’avait alors de cesse de se gonfler d’orgeuil et de fierté. Son peuple quant à lui avait marché dans ses traces et était devenu un groupe de nains robustes au moral d’acier après avoir survécu à tant d’épreuves, convaincus d’être le peuple élu du Grand Dragon. Quant aux derniers Golems de la Légion de Fer l’accompagnant, ils étaient pour la plupart, tout comme lui, devenus imbus de leur personne.
    Si leurs faits d’armes dépassaient effectivement l’entendement, il ne faisait aucun doute que tôt ou tard, cet orgueil se retournerait contre Thorgrim et les Kaldumr.
    A l’aube du lendemain de l’Assaut d’Adamante, Thorgrim annonça à son peuple que pour protéger le peuple des nains, la Cité-Mère de Kharaz’Modan avait besoin d’un nouveau souverain, et que par ses faits d’armes, il était le seul à être capable d’endosser le rôle d’héritier légitime du trône. L’Ordre des Oracles, au vu de leur implication dans l’Assaut d’Adamante, « Ne saurait être capable de garantir la survie des Kharaz’Modanr et de l’héritage des Fondateurs qui y sommeille. ».
    Ainsi s’autoproclama Thorgrim « Roi de Kharaz’Modan ».
    Certains perçurent alors la folie qui s’emparait de Kaldum, et quelques uns de ses explorateurs quittèrent la cité le cycle suivant, en direction de Khâzdun et Kharaz’Modan pour prévenir Kazagrin et l’Ordre des Oracles alors en route pour la Cité-Mère, n’imaginant pas une seconde de ce qui se tramait derrière eux.

    Verset IV – Le Grondement de Khâzdun

    Alors que Thorgrim préparait son expédition pour marcher sur Kharaz’Modan, certains de ces explorateurs héroïques, pour oser se dresser face à leur Roi, ratrappèrent l’Ordre des Oracles en quelques semaines à travers les galeries. Lorsque l’Ordre des Oracles apprit ce qui se déroulait, ils emboîtèrent le pas et accélèrèrent leur retour. Kharaz’Modan devait se préparer.
    Quand ces terribles nouvelles arrivèrent aux oreilles de Kazagrin, le Troisième Roi se leva de son trône, prit sa hache, son pavois, et exigea qu’on lui apporte son armure de cérémonie. Une annonce devait être faite à tout le peuple Khâzdunr.
    « Si la gloire de Thorgrim a fini par le consummer, nous ne pouvons cependant tolérer qu’il ne détruise l’héritage si durement acquis par les Fondateurs. La paix et l’harmonie que nous avons connu depuis la chute de Varrhangron ne sauraient être ternies par la folie de l’un des nôtres. Khâzdun doit se lever face à l’Orgueil du Roi de Pierre. »
    Suivi par le cri de guerre de son peuple tout entier, il confie à certains de ses plus proches conseillers la préparation de la guerre qu’allait mener Khâzdun face à Kaldum:
    – Vengryn Duraz’Lok, frère de Kazagrin Duraz’Lok, Officier du commandement des unités,
    – Velmor Drekkoril, Officier du commandement du génie militaire et de la communication,
    – Narnis Ironwill, Officier du commandement logistique et de l’intendance.
    Le temps pressait pour Khâzdun. Vengryn devait faire vite pour mener le gros de l’armée jusqu’aux portes de Kaldum avant que Thorgrim n’entame sa marche vers Kharaz’Modan, afin de profiter de l’effet de surprise et avoir une chance de le dissuader.
    En moins d’un an, Khâzdun était armée de près de deux-mille fantassins équipés en acier de la tête aux pieds (Dont certains nobles en mithril), mille artilleurs équipés par Velmor et les inventions de son équipe d’ingénieurs ou à l’attelage de l’une d’entre elles, une quinzaine de Golems et trois Oracles du Marteau. L’Armée Khâzdunr entama alors sa marche vers Kaldum.

    Verset V – La Première Guerre: L’Étincelle

    Alors que Thorgrim était à quelques mois de son départ pour la Cité-Mère, sa surprise était à la hauteur des moyens employés lorsqu’il vit l’armada de Khâzdun. Suffisament équipée, elle suffit à lui faire perdre sa confiance aveugle en lui et les siens, le poussant à au moins accepter des négociations avec l’Officier du commandement des unités de Khâzdun, Vengryn Duraz’Lok.
    Durant trois jours, le nain fit face seul à seul au golem dans une discussion mouvementée au sein du Hall Royal.
    Vengryn fut le premier à sortir, les cernes jusqu’à la barbe et la mine colérique. Lorsque le Golem sortit, il annonça à tous ses seconds le changement d’objectif: Khâzdun devrait se soumettre à Kaldum avant que Kharaz’Modan ne soit reprise. Aucune cité naine ne devrait être soumise à un Roi qui ne défend pas les intérêts de son peuple en personne.
    Vengryn et Narnis mirent alors en place la phase deux du plan de bataille: Le positionnement des troupes et des défenses de Khâzdun.
    Ainsi débuta la Première Guerre.

    Verset VI – La Première Guerre: L’Embrasement

    Pendant cinq courtes années (pour un nain), la guerre fera rage dans les galeries entre Kaldum et Khâzdun pour la souveraineté de Kharaz’Modan, dont les Oracles demanderont conseil aux Fondateurs en vain. L’Ordre préfera se préparer seul à l’arrivée de Thorgrim sans mêler les habitants afin d’éviter toute mort inutile. Si Thorgrim était sans doute bien trop orgueilleux, il ne voulait en revanche aucun mal à ceux qui l’acceptaient. Si les habitants s’agenouillaient devant lui, aucun doute qu’il les protégeraient. Et dans ce cas, nul besoin de leur faire prendre des risques inconsidérés.
    Ces cinq années prendront fin alors qu’un nouvel évènement vint interrompre le seul conflit qui n’a jamais opposé un nain à un autre dans les profondeurs.

    Verset VII – Le Sombre-Jour

      • Chapitre I – La Perte de la Cité-Mère

    Alors que les méthodes de chasse des Sentinelles continuaient d’être développées pour éliminer les dernières d’entre elles aux abords de Kaldum, elles restaient en revanche acceuillies à bras ouverts à Kharaz’Modan.
    C’est dans une tension latente de par la situation assez spéciale dûe à l’absence d’un souverain et à la gouvernance de l’Ordre des Oracles que le jour vint où les Sentinelles se montrèrent pour la première fois sous leur vrai visage à Kharaz’Modan.
    En quelques minutes, de nombreux édifices à la gloire des Fondateurs s’effrondrèrent. De nombreux nains se réveillèrent. Alors se sont firent entendre les cris des femmes et des enfants. Quelques bruits de lame désespérés. Puis finalement, les foules s’accumulèrent dans une fuite désespérée d’une menace mystérieuse.
    Ainsi les Enfants de la Pierre se souvinrent du Sombre-Jour.
    Sous les yeux des victimes, elles se métamorphosèrent en Dharkuzgal, Arachnes ou autres espèces hostiles des profondeurs. Elles massacrèrent de sang froid tout sur leur passage, et certains des plus vieux Kharaz’Modanr revivèrent les heures sombres de l’éveil de Varrhangron alors que chacun des batîments de la cité s’effondraient les uns après les autres.
    C’est seulement alors qu’ils virent les six yeux rouges dans les ténèbres et les immenses pattes de la Sentinelle qui approchait à toute vitesse pour se repaître de toutes les âmes agglomérées en ce lieu.
    Ainsi apparut sous son vrai jour Ildrith, la Démonne aux Six Yeux.
    Une gigantesque Arachne qui prit un malin plaisir à voir ses proies tenter de s’échapper. Elle les piègea les uns après les autres dans ses toiles et se délecta de leur désespoir alors qu’ils se débattaient chacun dans ses cocons.

      • Chapitre II – L’Abandon de Khâzbar

    A cette époque, Khâzbar et ses habitants se contentent de creuser dans les profondeurs de la terre pour trouver des pierres précieuses en tous genres, qu’ils commercent avec quelques marchands ambulants de la surface qui traversent la « Vallée de Valoren » et se piquent d’intérêt pour la nouvelle curiosité locale qu’est le Portail de Khâzbar derrière lequel les surfaciens trouvent mineurs, marchands et forgerons nains avec qui ils entretiennent un commerce occasionnel.
    L’Avant-Poste de Khâzbar, bien que physiquement éloigné de Kharaz’Modan, va être mis en garde par les Oracles, qui vont les inviter à prendre la fuite tant qu’il est encore temps. Alors désorganisé, il n’y a aucune réelle hiérarchie à l’Avant-Poste. Mais la réaction est unanime… Au vu de la peur des Oracles, le danger est réel et important.
    Khâzbar est évacué, et ses nains en abandonnent les mines pour réaliser ce dont ils ont toujours rêvé. Ils récupèrent leurs richesses et partent à la découverte de « La Surface et ses mystères », comme Narnis aime si bien le dire.

      • Chapitre III – Le Sceau des Fondateurs

    Devant l’urgence, l’Ordre des Oracles devait réagir vite. Le chaos s’était emparé de la Cité-Mère, et nul n’aurait su arrêter ce qui était à l’oeuvre. Il ne leur restait qu’une solution… Couvrir la fuite du plus de nains possibles, et invoquer le Sceau des Fondateurs.
    Les Fondateurs avaient transmis à leurs élus le secret de Kharaz’Modan. Ils préssentaient la menace que représentait Varrhangron, et avaient prévu un rituel qui permettrait à n’importe quel Oracle de sceller Kharaz’Modan et empêcher quoi que ce soit d’en sortir.
    Le tout était maintenant de lancer le rituel au bon moment afin d’empêcher le plus de Sentinelles possible de poursuivre les nains dans leur fuite.
    L’histoire d’une heure tout au plus, la majorité des nains avaient atteint l’entrée des galeries menant à Kaldum. L’Ordre des Oracles lança le rituel derrière eux, condamnant toutefois un bon tiers des habitants de la cité avec eux et Ildrith. Personne ne sait réellement ce qu’il est advenu des nains scellés et des Oracles de Kharaz’Modan après cela. Des rumeurs circulent depuis qu’Ildrith est parvenue à fuir sa prison en quittant son corps pour prendre possession de celui d’un des nains qui ont survécu ce jour-là. Son corps attendrait sagement que son âme lui revienne, dès que les portes de Kharaz’Modan seraient à nouveau ouvertes.
    Les survivants n’avaient plus d’autre choix que de prendre la route de Kaldum. Mais dans la panique générale, peu d’entre eux s’étaient équipés ou avaient pris de quoi survivre.

      • Chapitre IV – Les Travaux de Thyrra Eggelrin

    Si tout se déroula en un instant à Kharaz’Modan loin de toute surveillance, la curiosité que suscitaient les Sentinelles permirent aux Khâzdunr de réagir dès qu’elles montrèrent les premiers signes de corruption.
    Lorsqu’elles commencèrent à se montrer comportementalement étranges, à cesser de communiquer et à avoir des convulsions, les Explorateurs les avaient déjà suffisament étudiées pour comprendre que toutes les Sentinelles étaient soumises à une plus grande puissance qui avait les pleins pouvoirs sur elles.
    Si lors de la première rencontre elles étaient individus, à n’importe quel instant l’entité qu’elles appellaient « Xulthora » pouvaient leur reprendre leur volonté.
    Consciente de ce danger, une Oracle de Khâzdun du nom de Thyrra Eggelrin mena dès lors des études sur un type de rune spécifique afin de les contenir dans les cas où les choses dégénèreraient, et rassembla en secret d’autres nains, souvent membres de la Ligue des Explorateurs, qui partageaient son souhait de protéger Khâzdun de toutes ses menaces, qu’elles soient intérieures ou extérieures.
    Ainsi Thyrra créa la Rune d’Undi.
    Les Runes déjà existantes à cette époque avaient été données par les Fondateurs à leurs élus: Il s’agissait de plusieurs de leurs volontés cristallisées sous la forme de symboles dans des pierres simples. Ainsi, les Oracles arboraient fièrement des sacoches runiques leur permettant d’invoquer l’Éther sous des formes préconçues par Père et Mère.
    Thyrra tenta de percer les secrets de la symbolique des Fondateurs, et si elle ne parvint pas à atteindre l’Illumination et en concevoir le sens exact, elle parvint toutefois à graver une rune au sens unique: La Prison d’Éther. Appeler la puissance d’une Rune Undi invoque autour de la cible une prison étherienne impossible à traverser aussi longtemps que la rune reste à proximité de la victime.
    Dans le plus grand secret, elle transmis ces Runes à certains des Explorateurs les plus proches des Sentinelles. Elles leur permirent de réagir dès les premiers signes de faiblesse de volonté des Sentinelles. En un instant, la dizaine d’entre elles présentes à Khâzdun s’est retrouvée emprisonnée et impuissante.
    Ainsi Thyrra Eggelrin fût annoblie Haute-Naine et sa lignée glorifiée.
    Ainsi elle fut baptisée Grande-Mestra de Khâzdun par Kazagrin.
    Ainsi fut formé le Cénacle des Gardiens.
    Thyrra n’avait pas idée que son oeuvre porterait les Gardiens au rang de guerriers parmi les plus respectés dans la société naine, fervents défenseurs de la veuve et de l’orphelin, véritables chevaliers nains porteurs de boucliers.

    Verset VIII – La Première Guerre: Les Cendres

    Lorsque les premiers survivants de Kharaz’Modan atteignirent les portes de Kaldum, il ne restait plus que quelques centaines des dizaines de milliers de Kharaz’Modanr… Et Thorgrim était au front, avec ses hommes et ses golems, toujours moins nombreux.
    Lorsque Skauldra, à qui avait été confiée la cité, reçoit les réfugiés de la Cité-Mère, elle décide que l’occasion nécessite qu’elle se serve une dernière fois de la puissance des Fondateurs, et elle contacte les Oracles partisans de Kazagrin afin de les informer de la situation.
    Skauldra comme les Oracles accourent auprès de leur seigneur. Peu importe leurs différends, Vengryn comme Thorgrim prirent la même décision au même instant. La Trêve des Souverains fut décidée. Thorgrim approcha Vengryn sur le champ de bataille, alors que le conflit avait été stoppé. La Première Guerre n’avait déjà que trop duré.
    Thorgrim prit alors la parole.
    « Les opinions de deux nains ne devraient jamais causer la mort d’autrui. Que Kazagrin vienne défendre en personne ses convictions. Le vainqueur de ce duel sera l’unique héritier légitime des Fondateurs. »
    Ainsi naquit la tradition de la Lice.

    Verset IX – Le Façonnage de Bludgald et la Lice des Souverains

    Le temps que ce message soit apporté à Khâzdun et que Kazagrin réponde à l’appel de Thorgrim, deux mois passèrent. Deux mois qui permirent aux deux camps de souffler et retrouver la paix. Les plus passionnés mirent leurs compétences au service de l’évènement exceptionnel qui s’annonçait.
    Ainsi se dressa l’Arène du Jugement, Bludgald.
    Le colisée de fortune fut construit en quelques semaines, décoré par ce que les soldats du front trouvèrent pour honorer leurs Rois respectifs. C’était un véritable spectacle qui se préparait.
    Kazagrin arriva lourdement accompagné par la Garde Royale, Narnis, Vengryn et Velmor derrière lui, alors qu’il dévoile son armure flambant neuve, sa hache sertie et son bouclier lustré, forgés spécialement pour l’occasion. Le porteur prodige des siècles de tradition glorieuse héritée des Fondateurs et des Oracles.
    Face à lui, Thorgrim le Golem vétéran, portait encore certaines des pièces de l’armure avec laquelle il avait quitté Kharaz’Modan, la Cité-Mère. Des pièces d’armures qui trahissait ses nombreuses victoires qu’il avait arraché au destin, portant les cicatrices du sacrifice. Celui qui avait agi par et pour son peuple.
    Ainsi débuta la Lice des Souverains.
    Les cris de guerre emplissaient le colisée, alors que commençait le terrible duel entre les deux futurs du peuple nain.
    Les galeries tremblaient sous les bonds du golem. Mais le nain, petit, et agile, ne se laissait pas faire. À grands sauts et lourds blocages, il jauge la puissance du premier golem qu’il affronte au cours de sa vie. Thorgrim perd patience et met de plus en plus de force dans ses coups, devenant de plus en plus prévisible.
    Au terme de plusieurs minutes de passes d’armes intenses, Kazagrin parvient à attirer le golem qui donne un coup immense dans le mur, et s’y bloque.
    Kazagrin saute sur le golem, escalade son dos à toute vitesse, et plante sa hache dans son coeur sous les cris fous furieux des siens.
    La hache se désintègre avec le golem qui redevient poussière.
    Ainsi l’avenir des nains de l’Âge d’Acier fut décidé.
    Ainsi s’achèva la Première Guerre.
    Ainsi périt dans l’honneur et la gloire le Premier Golem, Héros de l’Âge du Déclin, Roi de Pierre de Kaldum le Deuxième Royaume, Maître des Fils de Bryn, Fléau de Sentinelles et Fer de Lance de l’Assaut d’Adamante, le fils d’Olafr Dorgrundr le Haut-Nain,
    Thorgrim Dorgrundr.
    Le futur des royaumes nains serait dessiné par Kazagrin Duraz’Lok, Champion de Bludgald, Héritier des Fondateurs, Roi de Khâzdun le Troisième Royaume, et fils de Marthor Duraz’Lok, Forgeron de Dron’Rikkaz, le Marteau des Rois.

     

    L'Âge d'Or

     

    Verset I – Le Crépuscule Doré

    Au terme de la Première Guerre, Khâzdun se tient fièrement du haut de son développement et de sa victoire contre Kaldum, avec qui elle partage toutes ses connaissances et tente d’établir de nombreuses routes commerciales souterraines.
    Si Khâzdun tente d’épauler au mieux le Deuxième Royaume, les Kaldumr ont le moral au plus bas. Le peuple fier qui soutenait Thorgrim doit à présent accepter le couronnement de Venrgyn Duraz’Lok, le frère de Kazagrin et surtout, le tourmenteur de leur précédent Roi, celui-là même qui a mené la guerre contre Thorgrim, leur héros. Le peuple gronde et la rébellion guette.
    C’est une nouvelle fois Ulfridda Donesra qui permis à la cité de surmonter ses démons en appelant les nains et les golems au calme: Thorgrim se battait pour que chacun vive heureux et en sécurité, et si les manières diffèraient, l’objectif de Kazagrin ne l’était aucunement. Elle invita chacun à trouver le profit dans ce que Khâzdun avait à offrir, et pour les plus démunis, notamment les réfugiés de Kharaz’Modan, elle leur proposa de rejoindre Narnis et la Ligue des Explorateurs qui n’avait plus qu’une chose en tête: Faire lever le Décret de la Grande Blocade et reprendre les expéditions afin de partir à la conquête de la Surface.

    Verset II – Le Lever du Décret de la Grande Blocade

    Si de nombreux réfractaires condamnaient le souhait des Explorateurs de rejoindre un monde aussi contraire aux lois des Fondateurs que le Monde du Dessus, il était un problème qui poussa Kazagrin à accepter la requête de la Ligue des Explorateurs: L’époque de paix que connaissaient alors Kaldum et Khâzdun allaient amener un problème inévitable. Le peuple nain allait croître, et les vivres se faire de plus en plus rares… Le seul espoir pour garantir la survie de chacun était de trouver une nouvelle source de nourriture.
    Ainsi fut levé le Décret de la Grande Blocade.
    Dès lors, la Ligue des Explorateurs reprend officiellement les expéditions vers la Surface, et tente de reprendre contact avec tous ceux d’entre eux qui les avaient précédé et avaient déjà parcouru les vallées, les forêts et les mers du Monde du Dessus.
    Bien qu’elle n’avait aucune affection pour Vengryn, son passé d’Oracle permit à Skauldra de voir le grand tableau et de ne pas répéter la même erreur que Thorgrim en mettant ses convictions personnelles de côté pour penser au plus grand nombre. C’est ainsi qu’elle devint la Consul du Roi.
    Suite à l’abandon de Kharaz’Modan et Khâzbar ainsi qu’à l’isolement des galeries autour de la Cité-Mère, les nôtres perdirent progressivement les routes jusqu’aux différents Thaigs d’autrefois, qui entraient doucement dans la légende et le mythe, comme Dron’Rikkaz, pour ne devenir que d’illustres reliques du passé dont on doute même de l’existence.

    Verset III – La Rencontre avec les Elfes Blancs d’Orlenas

    Les Explorateurs découvrirent une multitude de nouvelles espèces animales, qui, contrairement aux Tréfonds, se montrèrent pour la plupart pacifiques.
    Puis vint le premier contact avec les Elfes d’Orlenas.
    Une race semblable à nous, parlant toutefois une autre langue, et physiquement très différente ainsi que visiblement psychologiquement altérée par les lieux.
    Alors que les Explorateurs découvraient du combustible en bien plus grande quantité que dans les Tréfonds et avaient commencé à en récolter, ces « Elfes » se sont montrés très agressifs et semblaient ne pas apprécier voir les nôtres couper tout ce bois. Les choses se sont envenimées, et en quelques jours, les Explorateurs avaient pour ordre d’éviter les Elfes et de se préparer au combat s’ils venaient à en rencontrer.

    Verset IV – La Reine Agora

    Après quelques mois de tensions, une caravane elfique approcha la Porte de la Surface, alors que Kazagrin était par hasard venu constater la fin de la construction de la porte et admirer les défenses mises en place par Velmor. Kazagrin ordonna que toutes les balistes ciblent la caravane, qui semblait protégée par un voile de magie runique d’un bleu turquoise.
    De la caravane descendit une créature enchanteresse, une femme à la beauté incroyable et à l’aura terrifiante. Même Kazagrin montra une attitude respectueuse face à ce qui semblait être la Reine des Elfes. Cette dernière ignora Kazagrin et fit simplement le tour des défenses avant d’enfin lui faire face.
    Chacun savait que la communication serait complexe, mais la tension était palpable entre les deux souverains. Hélas, avant qu’un seul d’entre eux n’ait pu prononcer le moindre mot, un des carreaux de balliste fût lâché.

    Verset V – La Flamme du Conflit

    Par une magie mystérieuse dépourvue de la moindre rune, la Reine dressa un mur de ronces qui s’emparèrent du carreau. Un échange de regards, puis la Reine tourna les talons et remonta dans la caravane alors que les deux elfes qui l’accompagnaient étaient sur le qui vive.
    Lorsque Kazagrin demanda des comptes aux soldats présents, Velmor expliqua que toutes les sécurités étaient encore enclenchées. Ces elfes étaient venus pour faire des Nains les coupables du début d’une nouvelle guerre, faisant usage de magie pour se tirer dessus eux-même avant le début même des négociations.
    Ainsi débuta la Deuxième Guerre.

    Verset VI – La Deuxième Guerre

    Quelques heures seulement plus tard, la végétation alentour commençait à se mouvoir et à lancer d’énormes rochers contre les défenses de la Porte de la Surface. Kazagrin chargea Velmor de tenir la porte et protéger la position, alors qu’il remet en place le Décret de la Blocade selon lequel nul nain ne saurait outrepasser la Porte de la Surface.
    Pendant plusieurs décennies, la Surface resta inaccessible, et une guerre froide faisait rage entre Elfes et Nains. Les quelques Explorateurs suffisament fous pour braver le Décret finirent considérés comme bannis du Royaume et perdus dans la nature. Les Elfes restaient à bonne distance, surveillant l’armée naine bien cachée derrière ses défenses.

    Verset VII – Le Deuil Royal

    C’est peu de temps plus tard que Kazagrin rendit son dernier souffle. Pendant sept jours, les halls de Khâzdun étaient d’un silence de plomb, alors que chacun faisait le deuil d’un Roi qui a pris jusqu’à son dernier souffle les meilleures décisions pour ses sujets. Vengryn pleura son frère mais n’imposa pas de deuil royal à Kaldum, conscient que nombre d’entre eux nourrissaient encore une haine profonde pour le meurtrier de celui qu’ils considéraient, malgré tout, encore comme leur Roi légitime.
    Azagril Duraz’Lok, fils de Kazagrin, avait été éduqué toute sa vie pour le moment où il deviendrait le porteur du destin du peuple nain. Jouissant d’une éducation garantie par un Oracle en personne et d’un contexte idéal, Khâzdun ayant été épargnée de la plupart des malheurs qui ont frappé les nains, il n’eut que quelques jours pour faire le deuil de son père avant d’être courronné nouveau Roi de Khâzdun par son tuteur Skoldr, fils de Thyrra Eggelrin, un des derniers Oracles élus par les Fondateurs.
    Alors qu’Azagril comptait conserver le statu quo mis en place par son prédecesseur, nombre de ses conseillers considéraient l’approche des Elfes comme un affront innacceptable. Un affront qui devait être puni.

    Verset VIII – La Volonté de Khâzdun

    Malgré les innombrables tentatives d’Azagril de garder son peuple sous contrôle, Khâzdun n’avait pas souffert de la Trahison des Sentinelles, et seuls quelques rares vétérans avaient vécu la Guerre du Déclin.
    Le sang jeune des Khâzdunr bouillonait, alors qu’ils invoquaient les paroles du Grand Dragon et de Gromrik: « Ne te complais jamais dans la facilité, sois toujours à la recherche du défi et de l’adversité. ». Qui plus est, Azagril n’avait pas encore fait ses preuves, et nombre de nains ne le respectaient pas encore comme il le méritait.
    L’inévitable finit par arriver: Un groupe de nains emplis de haine envers les Elfes, qui se fit appeler « Les Porteurs du Courroux », dont de nombreux membres étaient gardes à la Porte de la Surface, se lança à l’assaut de la forêt aux portes de la cité.
    Ainsi commencèrent les deux cent-trente ans de guerre ouverte face aux Elfes Blancs d’Orlenas.
    Golems face aux Ents, Balistes face aux mages, Gardiens face à la Faune et la Flore, Oracles face aux Archivistes, il s’agissait comme d’une guerre qui se déroula malgré les volontés d’Azagril et Agora. Aucun des deux camps ne mena d’action décisive comme ce fut le cas dans la Première Guerre: Chacun comprenait qu’il s’agissait d’une guerre d’endurance. Celui qui tiendrait le plus longtemps vaincrait.
    Les deux rivalisaient en stratégies pour prendre le moins de risques possibles, et si les escarmouches étaient nombreuses, les puissances très équilibrées d’un côté comme de l’autre causaient très peu de pertes. Comme une guerre qui devait être menée, mais que personne ne souhaitait réellement gagner.

    Verset IX – La Quête de Saphyrox

    C’est à cette époque qu’un nouveau plan se dessina dans la pensée d’Azagril. Un nain devait partir à la découverte de ce nouveau monde et trouver des alliés pour combattre les Elfes. Mais il avait besoin de quelqu’un de doué, de discret et de raisonnable.
    Narnis, doyenne de la cité, avait choisi un apprenti une fois la Première Guerre achevée. Un apprenti à qui elle transmit tout son savoir, consciente des débuts de ses derniers jours. Cet apprenti se nommait Saphyrox. Doué dans l’art du combat et de la diplomatie, il s’agissait d’un membre du Cénacle des Gardiens, ainsi également disciple de Thyrra, portant marteau et pavois afin de protéger les siens.
    Azagril choisit Saphyrox pour partir à la recherche d’alliés à la Surface. Mais Saphyrox ne comptait pas se limiter à trouver des alliés à son peuple. La curiosité qu’il avait hérité de sa maîtresse Narnis avait créé une autre motivation au fond de lui: Découvrir le monde de la Surface. Ses cultures, ses rivières, ses langues. Il comptait bien revenir en offrant au Roi tous les renseignements dont il pouvait rêver au sujet de la Surface.
    Ainsi débuta la Quête de Saphyrox.

      • Chapitre I – Les Descendants d’Ouessang

    Il prit la route du nord, vers les terres froides d’Ouessang. Il traversa un cimetière draconique qui suscita nombre de questions… Il y avait-il plusieurs Grands Dragons à la surface? Et si tel était le cas… Les nains seraient-ils si puissants qu’ils le pensent?…
    Saphyrox se surprit à voyager bien plus aisément à la Surface que dans les Tréfonds. En effet, la Surface était baignée de Lumière la moitié d’un cycle, et n’était, contrairement à Khâzdun, pas voilée constamment de ténèbres. Continuant toujours plus au nord, il finit par faire la rencontre d’une nouvelle race à qui appartenait les terres où il marchait: Les Humains.
    Ces-derniers affirmèrent déjà connaître les nains. Plus encore, les « Humains » étaient les descendants de certains nains et elfes bannis. Saphyrox eut du mal à croire au récit de ces surfaciens, selon lequel les parias des deux ennemis jurés se seraient retrouvés à un moment pour donner naissance à un nouveau peuple, et pourtant. Il fût amené jusqu’à leur Chef de Clan, un certain Garold. Ce-dernier parlait presque le language nain courramment et prouva grâce à certains écrits du clan en runes naines qu’ils n’étaient autres que les « Premiers-Nés » qu’ils disaient être, enfants des deux races en guerre depuis déjà plus d’un siècle. Toutefois, les barbares d’Ouessang avaient visiblement bien plus hérité des traditions naines qu’elfiques, au vu de leur construction sociale, de leur façon de mener leur vie quotidienne et de leur culture en général.

      • Chapitre II – La Compagnie de l’Espoir

    Le gaillard de deux mètres de haut et de large portait une immense hache et se faisait appeler le Fils du Loup. Lorsque Saphyrox expliqua la situation des nains, Garold accepta avec grand plaisir de l’aider à « Casser de l’Elfe », avec qui le Clan du Loup ne semblait pas partager bien plus que leurs origines, à condition que ses membres pourrait passer le Grand Hiver qui approchait à l’abri des murs de Khâzdun.
    En effet, d’après les oracles de cette tribu, qu’ils appelaient « Chamanes », une sombre époque approchait, durant laquelle les Terres d’Ouessang ne connaîtraient plus qu’un rude hiver qui pourrait causer l’extinction du Clan du Loup. Ces mêmes Chamanes avaient annoncé l’arrivée d’une solution en la personne d’un des précurseurs dont le périple aboutirait à la paix sur le continent.
    Garold confia donc les siens à Ylmir, son frère, qui les guideraient jusqu’à Khâzdun, selon les indications de Saphyrox, alors que la Chamane, Evarya, et son champion, un barbare encore plus énorme que Garold avec un énorme marteau, un certain Kharanos, les accompagnerait.
    La quête de Saphyrox avait commencé avec briau. Il était déjà parvenu à faire du Clan du Loup un allié de poids pour Khâzdun. Et alors qu’ils ouvraient la marche pour le clan, ils tombèrent sur Vollen, un « Draconologue » qui étudiait les squelettes des « Drakes » et non des « Dragons », contrairement à ce que pensait Saphyrox, qui avaient péri en ces terres. Cela réchauffa le coeur de Saphyrox, qui regretta avoir douté de la puissance du Grand Dragon.
    Le scientifique ne semblait pas sans armes. Il regorgeait de magie et son bâton flambloyait. Garold négocia son aide en échange d’écrits d’Evarya traîtant des Drakes de la lointaine époque des ancêtres du Clan du Loup, les nains bannis.

      • Chapitre III – Le Grand Blizzard et la Rencontre des Alliés

    Le groupe ne passa pas inaperçu près de la Forêt d’Orlenas. Les Elfes tentèrent de les espionner et les embusquer, mais le groupe parvint tantôt à se faufiler hors de leur surveillance, tantôt à outrepasser leur vigilance en réduisant au silence les éventuels mouchards…
    Proches de la cité, Saphyrox rencontra un de ses confrères qui allumait un des braseros d’alerte. Tous les nains en position de défense de la Porte de la Surface étaient rappelés derrière la porte: une grande tempête se préparait.
    Une fois le Clan du Loup en sécurité, Saphyrox eut ainsi l’occasion de présenter au Roi Azagril les nouveaux alliés des nains, accompagné par un certain Boligrim Ironwill, petit-fils de Narnis Ironwill récemment fait Général des Armées par Azagril.
    Saphyrox avait eu sa part de découverte, aussi ce sont les barbares et Vollen qui se noyaient dans la culture naine à présent, pendant qu’il était annoncé à Saphyrox que la tempête durerait selon Skoldr deux semaines tout au plus, après quoi les Elfes reprendraient les assauts contre la Porte.
    Durant ces deux semaines, Vollen fût nommé « Prophète de la Surface », en remerciement de son partage de connaissances au sujet de la magie de la surface et de toute les cultures dont il avait confié les secrets.
    Narnis, particulièrement éprise de curiosité pour le jeune dragonologue, partagea avec grand plaisir ses connaissances au sujet des Golems, suite à sa demande. Elle demanda même à un Golem d’accompagner Vollen dans son voyage suite à l’échange très riche qu’elle partagea avec lui.
    Le jour suivant, une Lice fût organisée en l’honneur des Fondateurs, selon les lois écrites par Thorgrim. Chacun des visiteurs de Khâzdun y fût conviée et eut l’occasion d’opposer ses compétences à celles de nains et naines champions dans leur domaine.
    Pendant ce temps, les préparatifs pour la bataille continuaient, et le Clan du Loup s’est révelé d’une grande aide de par son nombre, sa taille et sa force.

      • Chapitre IV – La Bataille Finale

    Alors le jour redouté arriva. A l’aube de la fin du blizzard, de sombres bruits frappaient violemment contre la porte. Agora avait finalement décidé de mettre à fin à cette guerre, et avait fait appel aux Ents pour pillonner la Porte de la Surface jusqu’à ce qu’elle cède.
    Saphyrox et son groupe étaient dépassés. C’était la première bataille de grande ampleur qu’ils vivaient. Sous les ordres de Boligrim, ils eurent pour objectif de contourner les fantassins elfes, pendant que les armées naines les retiendraient, et d’aller directement arrêter les Ents.
    Le groupe s’élança dans une course épique contre la montre. En quelques heures, ils atteignirent la clairière d’où tiraient les Ents, et ils parvinrent non sans mal à en arriver à bout avant que la Porte de la Surface ne cèda.
    Dès que Garold souffla dans le cor qu’il lui avait été donné par les nains, Boligrim et les armées de Khâzdun entreprirent leur charge sur les Elfes, forcés à la retraite sans le support des Ents. Vollen profita de cette retraite pour préparer sa magie de flammes destructrice, et réduisit à néant près du quart des effectifs elfiques.
    Garold n’écoutant que son coeur jugea qu’il s’agissait du moment ou jamais de faire tomber la pièce maîtresse de cette guerre… La Reine Agora. Il prit la route d’Yggdoras, l’Arbre de Vie, au pied duquel siègeait Darlathann, la capitale des Elfes Blancs d’Orlenas.
    L’entrée unique vers la cité de Darlathann était un pont suspendu au-dessus d’une forêt de liannes et de ronces, et il était trop tard lorsque le groupe se rendit compte qu’il était tombé dans une embuscade. En plein milieu du pont, d’innombrables elfes apparurent des buissons sur les falaises alors qu’ils bandaient leurs arcs.
    Saphyrox parvint à protéger le groupe tout entier contre les pluies de flèches grâce à son énorme pavois. Arrivés devant l’entrée de la cité, alors que les flèches continuaient de siffler et de se planter dans le bouclier de Saphyrox, Garold enfonça la porte principale, apercevant alors Agora, la Reine des Elfes, désarmée, les mains en l’air, annonçant ne souhaiter maintenant que la paix.
    Garold, Kharanos, Saphyrox et Evarya n’ont alors qu’une idée en tête: Finir le travail. Après tout, cette reine arrogante n’a pensé à la paix qu’une fois que la mort a toqué à sa porte. Mais Vollen, lui, comprend que si elle l’avait souhaité, le groupe aurait déjà été enterré depuis bien longtemps.
    Après avoir soigneusement étudié comment ce conflit entre Elfes et Nains avait commencé et comment il s’était développé, il réalisa qu’Agora comme Azagril n’avaient jamais fait usage de leur toute puissance jusqu’à ce jour. Aucun des deux n’avait souhaité cette guerre. Il était même fort probable qu’il ne s’agisse ni d’Agora, ni d’Azagril qui n’étaient à l’origine du conflit, mais l’un ou l’autre extrémiste de leur peuple qui a déclenché le tir de balliste qui mit le feu aux poudres.
    Il existait une autre solution aux yeux du sage magicien. Et pour la dévoiler, il fut contraint de geler ses compagnons pour négocier avec Agora.
    Garold finit par accepter la proposition de Vollen lorsqu’elle promit de retirer ses troupes si les nains, de leur côté, laissaient la nature en paix et ne pénètraient plus la forêt. Après tout, il s’agissait de leur territoire. Protéger la nature, voci aussi une idée à laquelle Evarya parvint à se rallier. En revanche, pour Kharanos, et Saphyrox…
    Le temps aura raison de la haine et de l’impatience des deux forcenés de guerre. Le groupe finit par revenir vers Boligrim et l’avant-poste nain mis en place à l’orée de la forêt d’Orlenas après une victoire presque totale des Armées Naines. Boligrim entendit bien la trêve proposée, mais ne put se résoudre à faire confiance aux Elfes sur la base de leur simple parole. Aussi, resta-t-il en position jusqu’à ce que son Roi lui donna l’ordre de retirer ses troupes.
    C’est alors que le groupe de Saphyrox rejoignit Khâzdun et annonça la nouvelle au Roi Azagril, qui accepta le marché d’Agora et de la voir une nouvelle fois.
    Ainsi s’achèva la Deuxième Guerre.

     

    L'Âge du Mithril

     

    Verset I – Le Conseil des Pacificateurs

    Le lendemain, au même lieu de leur première rencontre, Agora retrouva Azagril. Si la tension était aussi intense qu’au premier jour, cette fois-ci, en revanche, Agora était seule, tout comme Azagril, et chacun montra une attitude défférente face à l’autre que lors de leur premier contact.
    Garold traduit en nain les mots d’Azagril à Agora, et pour la première fois dans l’Histoire, Nains, Elfes et Humains conclurent une alliance.
    Considéré comme un grand allié des Elfes comme des Nains et le lien qui garantissait leur paix, le Clan du Loup et plus particulièrement Garold se vit confier la gestion d’une nouvelle communauté destinée à garantir la paix et l’harmonie au sein de l’alliance entre les trois peuples.
    Ainsi fut créé le Conseil des Pacificateurs.

    Verset II – La Solution du Conseil

    La première tâche de ce conseil fut de traîter le problème qui poussa les Nains à quitter les Tréfonds en premier lieu: La nourriture.
    Au sud-est se trouvait le Canyon des Verts-Monts, abandonné par l’Empire de Ridderglow, un autre empire humain du sud. Cette vallée était devenue le foyer de nombreuses créatures agressives dont la chasse périlleuse aurait permis à nombre de voyageurs de gagner beaucoup de temps. Et les trophées de ces chasses auraient sans doute suffit à nourrir humains comme nains.
    Afin de prouver sa bonne foi, Agora confia sa fille Halkyuni au Conseil des Pacificateurs et la chargea d’intercéder en la faveur de l’ordre en tant que représentante des Elfes. Cette-dernière, très enjouée à cette idée, rejoignit le Conseil avec grand plaisir.
    Ainsi le Conseil des Pacificateurs prit la route du Lac de Sylvar, situé à la débouchure nord de la vallée.
    Sur la route vers le lac, le groupe fit la rencontre de nains particuliers à l’iroquois d’un rouge sang. Saphyrox reconnut immédiatement ce signe tribal: Il s’agissait des Nains Crête-de-Sang. Les rumeurs circulaient à Khâzdun que les criminels exilés de la cité se rassemblaient et préparaient leur vengeance sous les ordres d’un ancien Haut-Nain banni pour tentative d’assassinat d’une des siennes afin de gagner en poids politique.
    Son charisme avait attiré à lui nombre d’opposants à Kazagrin et sa cour, qui l’imitèrent et le rejoignèrent sous la bannière des Crête-de-Sang.
    S’il ne faisait aucun doute que la folie avait fini de s’emparer de ces nains abandonnés à leur destin, ils n’en restaient vraisemblablement pas moins d’excellents guerriers et de redoutables adversaires. En effet, plus ils s’approchaient du Canyon des Verts-Monts… Plus ils rencontraient de Crête-de-Sang. Vraisemblablement, ces-derniers s’étaient établis dans le seul lieu où personne n’irait les chercher…

    Verset III – La Tribu Crête-de-Sang

    Alors, le groupe pénetra le Canyon. Ils furent confrontés à nombre de créatures cruellement dangereuses. Leurs compétences furent mises à rude épreuve contre les prédateurs des cieux, de la terre et des cours d’eau, jusqu’à enfin approcher les campements des Crête-de-Sang.
    Le Conseil des Pacificateurs s’élança dans une marche punitive contre les criminels de ces terres, qu’ils écrasèrent jusqu’à atteindre Crête-de-Sang lui-même.
    Ce-dernier tenta de les corrompre en leur présentant sa vision de la société naine. Un ordre gangréné par l’irrespect des traditions et l’abandon de l’honneur véritable gagné par les épreuves et la survie. Un peuple qui s’est oublié en s’ouvrant à un monde qui ne lui était pas destiné, en empruntant des routes du savoir interdit.
    Mais Saphyrox se présenta comme l’anti-thèse même de ces inepties. Lui qui s’était donné corps et âme pour son royaume et avait poursuivi le savoir et la compréhension était devenu un membre respecté parmi les siens dans le plus grand respect des traditions. Qui plus est, le fait même que Crête-de-Sang était encore en capacité de remettre en cause le système nain était une opportunité donnée par ce même système. Il n’avait pas voix au chapitre.
    Cependant Crête-de-Sang resta sourd. Il était impossible de le ramener à la raison, comme tous ceux qui le suivaient. Il rétorqua que tôt ou tard, le royaume oublierait ses sacrifices, et même Saphyrox pourrait du jour au lendemain être consideré comme un criminel selon ceux qu’il contredirait. Alors, il appela à lui des ennemis de taille face au groupe.
    Crête-de-Sang et ses premiers hommes avaient passé suffisament de temps en ce lieu pour dompter certaines des créatures du Canyon des Verts-Monts. Le groupe fût dispersé et eut du fil à retordre face aux créatures domptées par Crête-de-Sang et ses hommes à la fois.

    Verset IV – La Lice du Jugement

    Alors, Garold eut une idée. Si la folie l’avait emporté, Crête-de-Sang respectait toujours la notion d’honneur et les traditions naines, d’après ses dires. Il le déclara en duel selon les lois de la Lice.
    Crête-de-Sang n’eut d’autre choix que d’arrêter les assauts de ses serviteurs et de respecter la loi de ses ancêtres. Il accepta le duel, s’imaginant représenter les traditions et ce qui faisait les vrais nains d’autrefois, et voyant Garold comme la corruption qui gangrène les valeurs des nains.
    Le duel était à armes égales. Après de nombreuses passes d’armes, Garold essuya un coup mortel. Le Conseil ne pût laisser un des leurs mourir de cette façon, et brisa la Loi de Thorgrim. Evarya intervint en soignant son Chef de Clan, alors que Vollen et Kharanos se tenaient face à Crête-de-Sang, prêts à intervenir.
    Pour la première fois, Saphyrox fût épris du doute. Ces amis qu’il s’était fait… Respectaient-ils ce qui faisait son identité?… Ils n’ont pas hésité à briser la Loi de la Lice, tradition sacrée depuis la seule guerre qui n’a jamais opposé un nain des Tréfonds à un autre. Mais d’un autre côté… Les traditions sont-elles plus importantes que la vie d’un être cher? L’honneur vaut-il vraiment une vie?
    C’est confus qu’il se surprit à lui aussi intervenir pour sauver son ami. Il finit par se faire une raison: Crête-de-Sang n’était plus un Nain, pas plus qu’il ne lui restait d’honneur. Il avait tenté d’assassiner une de ses soeurs, et ce faisant, il avait renié sa nature, ses traditions, ses droits, son identité… Tout ce qui faisait le nain qu’il était avant. La Loi de Thorgrim ne s’appliquait pas à lui. Tout cela n’avait été qu’une stratégie brillante mise en place par Garold.
    L’initiative du Conseil prit de cours les Crête-de-Sang. Avant qu’ils n’aient le temps de réagir, leur leader avait les flèches d’Halkyuni plantées dans le dos, les ronces d’Evarya à la gorge, et il s’était déjà pris deux coups de marteau monumentaux de Kharanos et Saphyrox.
    Saphyrox éxecuta de sang-froid celui qui bafoua la pitié de son Roi. Dès lors, tous les exilés soumis à l’autorité de Crête-de-Sang se dispersèrent.
    Le Canyon des Verts-Monts pouvait maintenant devenir le terrain de chasse des Elfes, des Nains et des Humains pour les siècles à venir: La terre regorgeait de gibier.
    Depuis cette époque, le Conseil des Pacificateurs garantit la paix entre Orlenas et Khâzdun, permettant aux trois races de cohabiter. Régulièrement, un conseil rassemble Garold et Evarya pour les Humains du Clan du Loup, Saphyrox et Boligrim pour les Nains de Khâzdun, et Agora et Halkyuni pour les Elfes Blancs de la Forêt d’Orlenas.
    Le prochain objectif du Conseil était de rassembler les clans barbares humains sous une seule et même bannière… Mais cela remettait en cause les siècles de tradition guerrière des trois clans. Une tâche loin d’être aisée, mais nécessaire aux yeux du Conseil afin de garantir aux royaumes un avenir prospère.

    Verset VI – Le retour de la Ligue des Explorateurs

    Depuis sa découverte il y a plusieurs siècles de cela de la Surface, la Ligue des Explorateurs n’était plus qu’un lointain souvenir de découverte et d’aventure pour le commun des nains. Narnis était depuis devenue la Doyenne des Nains, alors qu’elle avait dépassé l’espérance de vie moyenne des nôtres, et sa sénilité ne lui permettait plus d’assurer le futur de la Ligue.
    Alors qu’elle se réfugia dans les profondeurs de Khâzdun et qu’elle devint tout doucement celle que l’on ne descend trouver que lorsque sa sagesse ne devient absolument nécessaire, Belendra Eggelrin, fille de Thyrra Eggelrin, est désignée nouvelle Guide de la Ligue des Explorateurs.

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